| Un homme, de passage, a été prié d’occuper la place du roi |
| absent, justement parce qu’il n’y tient pas et qu’il peut repartir |
| du jour au lendemain. Si provisoire, transparente, inutile que |
| soit sa présence, elle limite les tentations offertes à n’importe |
| qui, ou quoi, d’usurper un trône vacant. On lui en est |
| reconnaissant, mais personne ne le retient, puisque l’unique |
| raison qu’il ait de jouir de cette place, sa seule légitimité, est ce |
| qui le pousse à la quitter, et partir en quête de la sienne. |
| Le double paradoxe : a) d’offrir le pouvoir à quelqu’un qui ne |
| le cherche pas, b) de ne pas s’accrocher à un pouvoir qui s’offre, |
| semble, au plan des sciences humaines, un postulat non |
| euclidien. Ce genre d’irréalité, on le sait, peut fonder d’autres |
| géométries, d’autres géographies du monde dans lequel on vit, |
| mener à de vraies découvertes, du moins, au delà des |
| apparences et du miroir, à d’aventureuses explorations. C’est |
| ce qu’il y a de bien avec la science, les contes de fées et |
| le théâtre… |